Cet article a été publié il y a 8 ans, il est donc possible qu'il ne soit plus à jour.

  • Jurisprudence
  • Paie
  • Indemnités rupture

Licencié en raison de la suspension de son permis de conduire, le salarié n'ouvre pas droit à indemnité de préavis

3 min de lecture

Cette affaire montre que, lorsqu’un poste nécessite la conduite, la suspension du permis empêche le salarié d’exécuter son travail, même pendant le préavis. La Cour de cassation a confirmé le refus d’indemnité compensatrice, rappelant aux employeurs que l’impossibilité d’assurer la prestation justifie la dispense du préavis.

En bref - Résumé IA
Réservé aux abonnés

Un salarié est engagé le 10 janvier 2000, en qualité de technicien d'intervention auprès de la clientèle.

Il fait l'objet d'un avertissement le 25 octobre 2006 à la suite d'un excès de vitesse.

Le 15 mars 2013, son permis de conduire est suspendu à la suite d'un nouvel excès de vitesse.

Il est finalement licencié pour cause réelle et sérieuse le 4 avril 2013, l’employeur le dispensant de sa période de préavis. 

Le salarié saisit la juridiction prud’homale, estimant dans la présente affaire qu’il ouvrait droit au paiement d’une indemnité compensatrice de préavis, le licenciement ayant été prononcé pour une cause réelle et sérieuse et la décision de ne pas réaliser la période de préavis n’étant pas de son fait. 

Dans son arrêt du 18 juin 2015, la Cour d'appel de Versailles déboute le salarié de sa demande.

Mécontent de cet arrêt, le salarié décide de se pourvoir en cassation. 

La Cour de cassation confirme l’arrêt de la cour d’appel, relevant que :

  • Le permis de conduire était nécessaire à l’activité professionnelle du salarié ;
  • Sa suspension empêchait le salarié d’exécuter sa prestation de travail, y compris durant la période de préavis ;
  • Le privant ainsi du paiement d’une indemnité compensatrice de préavis et des congés payés en rapport.

Extrait de l’arrêt :

Mais attendu qu'ayant fait ressortir que le permis de conduire était nécessaire à l'activité professionnelle du salarié, la cour d'appel, qui a constaté que celui-ci du fait de la suspension de son permis de conduire, était dans l'impossibilité d'exécuter sa prestation de travail, y compris durant la période de préavis, a par ces seuls motifs légalement justifié sa décision ;
Et attendu qu'il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur le troisième moyen annexé, qui n'est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE le pourvoi ;

Accéder à la veille professionnelle illimitée

  • Résumés IA & assistant pour poser vos questions
  • Brèves & actualités sociales, RH & paie débloquées
  • Fiches pratiques, jurisprudences, modèles & outils en lien
  • Alertes mise à jour & téléchargement PDF illimité
  • Newsletters hebdomadaires & webinaires

Besoin d'un conseil sur nos offres ?

Notre équipe vous accompagne

En lien avec cette jurisprudence

Le licenciement pour inaptitude, sans cause réelle et sérieuse, ouvre droit à l’indemnité compensatrice de préavis

Jurisprudence
Paie

Changement des conditions de travail et refus du salarié : l’inexécution du préavis n’ouvre pas droit à indemnité

Jurisprudence
RH

Une rupture de la période d’essai frappée de nullité n’ouvre pas droit à l’indemnité de préavis

Jurisprudence
Paie

La suspension du permis de conduire ne motive pas obligatoirement un licenciement

Jurisprudence

Auteur :