Cet article a été publié il y a 8 ans, il est donc possible qu'il ne soit plus à jour.

  • Jurisprudence
  • RH
  • Indemnité de licenciement

En cas de licenciement pour absences répétées, l'employeur doit vérifier le motif de l'arrêt de travail

3 min de lecture

Après un accident du travail, l’employeur ne peut licencier le salarié que s’il démontre une faute grave ou une impossibilité objective de maintenir le contrat, indépendamment des arrêts ultérieurs. L’arrêt de la Cour de cassation rappelle l’obligation de vérifier le motif initial de l’arrêt et d’organiser la visite de reprise, sous peine de nullité du licenciement.

En bref - Résumé IA
Réservé aux abonnés

Une salariée est engagée le 3 janvier 2011 en qualité d'éducatrice spécialisée par une association.

Victime d’un accident du travail le 5 avril 2012, elle est en arrêt de travail de façon continue.

Elle est finalement licenciée le 3 octobre 2012 en raison de ses absences répétées et prolongées rendant impossible le maintien de son contrat de travail.

Mais le salarié conteste ce licenciement et saisit la juridiction prud’homale. 

Dans son arrêt du 15 décembre 2015, la Cour d'appel de Nîmes donne raison à la salariée.

Mécontent de cet arrêt, l’employeur décide de se pourvoir en cassation. 

La Cour de cassation confirme l’arrêt de la cour d’appel, donnant à cette occasion des précisions importantes :

  • Le licenciement d’un salarié en arrêt de travail pour maladie professionnelle ou consécutivement à un accident du travail ne peut être prononcé que pour une faute grave (ou lourde) ou de l'impossibilité où il se trouve, pour un motif non lié à l'accident ou à la maladie, de maintenir ce contrat ;
  • Depuis l’arrêt initial, le salarié n’avait pas bénéficié d’une visite de reprise ;
  • Qu’il s’en suit que, peu importe la nature des arrêts de travail successifs, la 1ère cause d’arrêt de travail demeurait ;
  • Rendant ainsi nul le présent licenciement. 

Extrait de l’arrêt :

Mais attendu qu'il résulte des dispositions combinées des articles L. 1232-6 et L. 1226-9 du code du travail que l'employeur, au cours des périodes de suspension du contrat de travail pour accident du travail ou maladie professionnelle, ne peut résilier le contrat de travail à durée indéterminée que s'il justifie d'une faute grave ou de l'impossibilité où il se trouve, pour un motif non lié à l'accident ou à la maladie, de maintenir ce contrat ; 
Et attendu que, peu important la nature des derniers arrêts de travail délivrés par le médecin traitant, la cour d'appel, après avoir relevé que la salariée, victime d'un accident du travail, n'avait pas été soumise à une visite de reprise à l'issue des arrêts de travail successifs et continus intervenus postérieurement à cet accident, en a exactement déduit, sans être tenue de procéder à une recherche que ses constatations rendaient inopérante, que ce licenciement était nul ; 
D'où il suit que le moyen, inopérant en sa troisième branche comme s'attaquant à un motif surabondant, n'est pas fondé ; 
PAR CES MOTIFS : 
REJETTE le pourvoi ; 

Accéder à la veille professionnelle illimitée

  • Résumés IA & assistant pour poser vos questions
  • Brèves & actualités sociales, RH & paie débloquées
  • Fiches pratiques, jurisprudences, modèles & outils en lien
  • Alertes mise à jour & téléchargement PDF illimité
  • Newsletters hebdomadaires & webinaires

Besoin d'un conseil sur nos offres ?

Notre équipe vous accompagne

En lien avec cette jurisprudence

Licenciement : le régime de protection en cas d’arrêt de travail consécutif à un accident du travail en 2025

Fiche pratique
Paie

La lettre de licenciement énonce les motifs, en cas de contestation l’employeur peut invoquer les circonstances de fait

Jurisprudence
Paie

Comment traiter le maintien employeur en cas d’arrêt de travail consécutif à un accident du travail en 2021 ?

Fiche pratique
Paie

Inaptitude et absence de licenciement : l’employeur doit reprendre le paiement du salaire même en cas d’arrêt de travail

Jurisprudence
Paie

Des absences répétées qui désorganisent l’entreprise peuvent justifier un licenciement

Jurisprudence
Paie

Auteur :