Cet article a été publié il y a 4 ans, il est donc possible qu'il ne soit plus à jour.

  • Jurisprudence
  • Paie
  • Indemnité de licenciement

Proposer une modification économique du contrat de travail ne dispense pas de l'obligation de reclassement

3 min de lecture

La proposition d'une modification du contrat de travail pour motif économique, refusée par le salarié, ne dispense pas l’employeur de son obligation de reclassement.

En bref - Résumé IA
Réservé aux abonnés

Une salariée est engagée à compter du 1er janvier 1989, et occupe en dernier lieu les fonctions d'ingénieur brevet en propriété industrielle, secteur biologie, position cadre.

L'employeur lui propose, le 25 octobre 2013, une modification de son contrat de travail pour motif économique.

La salariée, après avoir refusé cette proposition, adhère à un contrat de sécurisation professionnelle, le contrat de travail prenant fin le 20 mars 2014.

Le 25 avril 2014, elle manifeste le désir d'user de la priorité de réembauche, puis saisit la juridiction prud'homale pour contester cette rupture et obtenir paiement de diverses sommes.

La Cour d'appel de Paris, par arrêt du 11 décembre 2019, donne raison à la salariée.

L’employeur se pourvoit en cassation. 

La Cour de cassation confirme l’arrêt de la cour d’appel, et apporte à cette occasion les précisions suivantes : 

Selon les termes de l'article L. 1233-45 du code du travail :

  • Il incombe à l'employeur d'informer le salarié licencié pour motif économique, qui a manifesté le désir d'user de la priorité de réembauche, de tous les postes disponibles et compatibles avec sa qualification.
  • Ayant constaté que l'employeur s'était abstenu de proposer à la salariée un poste disponible d'ingénieur brevet junior en propriété industrielle secteur biologie, dont il a estimé qu'il était compatible avec la qualification qu'elle avait acquise au sein de l'entreprise, la cour d'appel a, par ces seuls motifs, légalement justifié sa décision.

En d’autres termes :

  • La proposition d'une modification du contrat de travail pour motif économique, refusée par le salarié ;
  • Ne dispense pas l'employeur de son obligation de reclassement et, par suite, de lui proposer éventuellement le même poste en exécution de cette obligation.

Extrait de l’arrêt :

Réponse de la Cour

  1. Aux termes de l'article L. 1233-45 du code du travail, il incombe à l'employeur d'informer le salarié licencié pour motif économique, qui a manifesté le désir d'user de la priorité de réembauche, de tous les postes disponibles et compatibles avec sa qualification.
  2. Ayant constaté que l'employeur s'était abstenu de proposer à la salariée un poste disponible d'ingénieur brevet junior en propriété industrielle secteur biologie, dont il a estimé qu'il était compatible avec la qualification qu'elle avait acquise au sein de l'entreprise, la cour d'appel a, par ces seuls motifs, légalement justifié sa décision.
  3. Le moyen n'est donc pas fondé.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

REJETTE le pourvoi

Accéder à la veille professionnelle illimitée

  • Résumés IA & assistant pour poser vos questions
  • Brèves & actualités sociales, RH & paie débloquées
  • Fiches pratiques, jurisprudences, modèles & outils en lien
  • Alertes mise à jour & téléchargement PDF illimité
  • Newsletters hebdomadaires & webinaires

Besoin d'un conseil sur nos offres ?

Notre équipe vous accompagne

En lien avec cette jurisprudence

Jurisprudence sociales : ce qu'il ne fallait pas manquer en décembre 2025 !

Actualité
Droit du travail

Quelles sont les procédures en cas de licenciement pour inaptitude en 2025 ?

Fiche pratique
RH

Modification pour raison économique du contrat de travail : la proposition de l’employeur doit être précise

Jurisprudence
Paie

Si le médecin du travail indique que le maintien du salarié inapte empêche le reclassement, l’employeur n’a pas à consulter les délégués du personnel

Jurisprudence
Paie

Rompre le CDD de manière anticipée

Fiche pratique
Droit du travail

L’employeur est dispensé de consulter le CSE si le médecin du travail s’est exprimé dans l’avis d’inaptitude

Jurisprudence
RH

Auteur :